Une nouvelle visiteuse : la Perruche à collier

Je la savais présente dans la région de Pecq-Templeuve et l’ avais déjà observée en vol, passant du noyer du voisin au nôtre mais quelle ne fut ma surprise de la trouver perchée sur une branche d’ un jeune pommier, visiblement très intéressée par la fleur d’ un tournesol, plutôt destiné aux mésanges, visiteuses régulières du jardin.

Intéressons-nous quelque peu à cet oiseau observable plutôt dans les volières en Europe. Psittacula krameri tel est son nom scientifique mais nous l’ appelons plus communément la Perruche à collier.

Naturellement répartie sur les zones tropicales de l’ ancien monde, en Afrique, son aire de répartition s’ étend de la Mauritanie et du Sénégal jusqu’ à la mer Rouge et en Asie, on la trouve en Inde, au Pakistan en Chine et en Birmanie.

Son régime alimentaire est essentiellement granivore et frugivore: céréales, fruits, bourgeons, fleurs; ce qui peut causer des dégâts sur les arbres fruitiers. Cet impact sur les vergers est actuellement à l’ étude dans le Nord de la France pour mesurer la quote-part imputable aux perruches par rapport aux étourneaux sansonnets et pigeons ramiers.

Elle niche dans les fissures de rocher etles cavités d’ arbres et peut rivaliser avec les Pics et Sittelles eurasiennes voire avec des chauves-souris comme la Grande Noctule ( à Séville – Espagne ). C’ est un oiseau précoce qui se reproduit dès la fin de l’ hiver et peut élever 2 à 3jeunes. L’ incubation dure 21 jours et le nourrissage au nid dure une quarantaine de jours. Le mâle mature ( + de 3 ans ) se reconnait au fin collier noir et rose, les femelles et jeunes mâles n’ en possèdent pas.

Elle n’ attaque pas les oiseaux indigènes et cohabite avec les espèces qui fréquentent nos jardins. Elle profite également des miettes de cacahuètes ou des graines de tournesol offertes aux mangeoires ( preuve en photos ). Un petit grillage à mailles de 4 à 5 cm lui interdira l’ accès aux graines disposées pour les passereaux.

L’ observation dans la nature et l’ extension de cette espèce exotique en Belgique remontent aux années 1973 et 1974 où lors de travaux au Zoo du Melipark du Heysel ( Bruxelles ), une quarantaine de Perruches à collier parviennent à s’ échapper d’ une volière. Essentiellement présentes au début dans l’ agglomération bruxelloise où elles s’ adaptent rapidement en trouvant sites de nidification et nourriture, on les trouve maintenant dans d’ autres villes comme La Louvière, Liège, Sint Truiden, Antwerpen. L’ expansion de l’ espèce est confirmée par les comptages officiels organisés par Aves Natagora et Natuurpunt. De 1.000 sujets observés en 1995, on passe à 9.000 en 2010 et 10.800 en 2015 ( derniers chiffres officiels ).

Chez nos amis français du Nord, c’ est à Roubaix qu’ on observe la plus grande concentration et le principal dortoir abrite 3.000 à 4.500 oiseaux au coeur de la ville. Son évolution fait l’ objet d’ un suivi par la L.P.O. Nord. Si vous souhaitez participer au protocole d’ étude sur la Perruche à collier, contactez Damien Villotta à l’ adresse suivante damien.villotta@lpo.fr

La prédation naturelle sur cette espèce est relativement faible. Une étude ( Bulter et al. 2013 ) observe que l’ écureuil roux et l’ écureuil gris peuvent déranger les couvées des perruches à collier. Une autre étude ( Fraticelli, 2014 ) réalisée en Italie observe que la Corneille mantelée et le Goéland leucophée peuvent repousser et chasser les Perruches à collier. On estime néanmoins que la Perruche à collier ne souffre pas de la prédation d’ espèces indigènes et ne le sera pas de manière importante à l’ avenir.

Actuellement, seul le Faucon pélerin semble être un prédateur régulier dans les villes où la Perruche à collier prolifère. Le fait qu’ elle est de taille supérieure à nos espèces indigènes et qu’ elle se déplace en groupe, laisse supposer qu’ elle pourrait s’ imposer au niveau des accès à la nourriture et aux sites de nidification. Dans la région de Pecq – Templeuve, quelques habitants se plaignent des cris à proximité des dortoirs et constatent des dégâts sur les fruits dans les vergers. Si vous observez des rassemblements de ces oiseaux, la LRBPO vous invite à le signaler sur observations.be

Réf.: – site de la LRBPO protectiondesoiseaux.be et site oiseaux.net et lponord

A bientôt pour d’ autres nouvelles du jardin d’ Obigies et de ses visiteurs parfois indésirables …

Patrick Chantry

5 commentaires sur “Une nouvelle visiteuse : la Perruche à collier

  1. Hello Patrick

    Très bel oiseau, mais quelque peu envahissant! Ma soeur habite Bailleul et en est envahie à tel point que cela devient désagréable! Mais un ou quelques-uns, cela donne un petit aspect exotique! ??

    Très chouette la porte ouverte…..et très beau jardin! Félicitations!

    Bien cordialement

    Ghislain ________________________________

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      1. Voilà qui me rassure. Enfin ça me rassure quant à la coexistence des perruches et des oiseaux de nos contrées. Reste alors à élucider le mystère de la disparition des moineaux…

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