Taille des arbres fruitiers à pépins

Le  proverbe  nous  dit :  » Taille  tôt, taille  tard  mais  rien  ne  vaut  la  taille  de  mars ». Le  mois  de  mars  est  propice  à  la  taille  en  général  et  avec  les  températures particulièrement basses  ces  dernières semaines,, le travail s’ est achevé un peu plus tard que les années  précédentes. Je parle ici de la  taille  des  arbres  fruitiers ( fruits  à  pépins: pommiers, poiriers ), les arbres fruitiers à noyaux ( cerisiers, pruniers, pêchers ) sont taillés après la récolte, en automne

Avec les températures étonnamment douces de février, nous pouvions craindre une montée de sève trop précoce avec un risque d’ avancement des  bourgeons et de gel tardif, mais la croissance des bourgeons fut conforme à la saison. Il nous reste à croiser les doigts afin de ne pas subir de gelées au mois d’ avril.

Cet  exercice est indispensable  au  développement  harmonieux  des  fruitiers, mais doit être réalisé de préférence dans  l’ après-midi, en  dehors  des  périodes de gel. Les arbres à Obigies sont des  pommiers  et  poiriers  basse-tige.

Le  pommier  « Belle  de  Boskoop »  a  maintenant  sa  structure  définitive  et  je  me  contente  de  privilégier  la  lumière  en  son  centre  et  à  raccourcir  ses  rameaux  les  plus  vigoureux. Le  voici  après  la  taille.

Le pommier  » Reinette  étoilée » ( ci-dessous )  est quelque peu décevant, j’ ai éliminé une des branches charpentières et raccourci les branches terminales, il  est très vigoureux et nécessite chaque année une taille importante.

      Les deux plus jeunes pommiers, Belle fleur et  » Court pendu  » ont remplacé deux arbres au rendement décevant ,un pêcher et un prunier.

Les deux poiriers,  » Doyenné de Comice  » et  » Conférence « , sont les stars du petit verger. Ils ont leur dimension définitive et la taille consiste à éliminer le bois mort, raccourcir les jeunes rameaux de l’ année précédente et éviter tout croisement et contact entre les branches.

Tout  en  n’étant  pas  spécialiste  de  la  taille  des  fruitiers, les  lectures  et  une  certaine  expérience  dans  l’exploitation  d’un  ancien  verger, me  guident  dans  ce  travail  que  j’apprécie  beaucoup. Guider  un  jeune  arbre  ou  redonner  une  belle  forme  à  un  arbre  plus  ancien  et  négligé  m’apportent  toujours  beaucoup  de  satisfactions.

      Quelques  principes doivent  nous  guider  dans  nos  interventions:

Il  vaut  mieux  tailler  moyennement  chaque  année   plutôt  que  d’intervenir  plus  lourdement  après  quelques  années. Autrement  dit, il  est  préférable  d’utiliser  le  sécateur  plutôt  que  la  tronçonneuse.

Il  est  nécessaire  d’observer  régulièrement  et  de  prendre  du  recul  pour  mieux  discerner  et  donc  éliminer  les  rameaux  ou  branches  gênantes, blessées, se  frottant  aux  autres  ou  orientées  vers  le  centre  de  l’arbre. La  lumière  doit  pouvoir  pénétrer  au  centre  de  l’arbre, dans  le  cas  contraire, les  fruits  obtenus  seront  chétifs  et  peu  goûteux. Suivant  le  diamètre  des  tiges  et  branches, vous  utiliserez  le  sécateur  ou  la  scie  égoïne. Sur  les  photos  ci-dessous, j’ élimine  des   » gourmands « , rameaux  de  l’ année  poussant  à  la  verticale  et  ne  donnant  pas  de  bourgeons  à  fruit. Comme dirait Nicolas le jardinier du site Rustica:  » les oiseaux doivent pouvoir voler et traverser l’ arbre sans s’ accrocher les ailes « 

Il est  nécessaire  de  raccourcir  au  moins  d’un  tiers, les  rameaux  de  l’année  que  vous  désirez  conserver. Dans  le  cas  contraire, votre  arbre  basse-tige  ou  demi-tige  va  s’élancer  et  filer  trop  en  hauteur. Ci-dessous, le  dernier  coup  de  sécateur  en  prenant  soin  de  le  pratiquer  juste  au-dessus  d’ un  bourgeon  orienté  vers  l’ extérieur.

Les  arbres  pré-formés  en  pépinières  sont  évidemment  plus  faciles  à  entretenir  que  de  jeunes  arbres  de  plein  vent  qui  prendront  la  forme  et  la  taille  que  vous  aurez  décidé.

Un  principe  de  base  est  de  couper  en  hiver (hors  gelées)  tous  les  rameaux  poussant  à  la  verticale (rameaux  dits  « à  bois »)  pour  ne  laisser  que  les  rameaux  poussant  à  l’horizontale  ou  vers  le  bas  qui  seront  eux, porteurs  de  fruits. On  peut  également  déformer  des  rameaux  en  les  orientant  vers  le  bas  afin  d’accélérer  l’évolution  des  bourgeons  en  yeux  à  fruits: on  parle  d’arcure.

Voici une vue générale du verger, taille terminée et parachevé par la première tonte.

Vous  trouverez  de  nombreux  articles  et  ouvrages  plus  ou  moins  accessibles  sur  ce  sujet  mais  après  quelques  recherches, j’ai  trouvé  sur  wikipédia des  précisions  et  un  schéma  très  clair  précisant  les  rameaux  à  privilégier  et  ceux  à  éliminer.

Un  de  mes  derniers  achats  sur  ce  thème  est  le  « Guide  complet  de  la  taille  » de  Richard  Bird  aux  Ed. Sélection  du  Reader’s  Digest.

Je  vous  en  souhaite  bonne  lecture, bonne  analyse  et  après  vous  être  muni  de  votre  sécateur, bon  travail  de  taille. N’oubliez  pas  de  broyer  vos  rameaux ( s’ ils  sont  sains )  et  de  répandre  au  pied  de  vos  arbres  et  arbustes  le  broyat  ainsi  obtenu.

A  très  bientôt  pour  d’ autres  nouvelles, astuces  et  photos !

            Patrick  depuis  un  jardin  d’ Obigies

A la Ste Catherine, tout bois prend racine …

Plantation d'un arbre fruitier basse-tige au jardin d'Obigies

Le  25  novembre  approche  et  malgré  une  petite  polémique  sur  le  sujet, le  vieil  adage  semble  bien  se  vérifier: le  temps  est  propice  aux  plantations  et  spécialement  aux  variétés  aux  racines  nues, nettement  moins  chères  et  promises  à  une  reprise  plus  sûre  vu  l’ humidité  et  la  température  de  la  terre. N’ hésitez  pas  à  consulter  votre  pépiniériste  le  plus  proche.

J’ en  profite  pour  vous  représenter  la  note  publiée  il  y  a  quelques années, sur  la  plantation  d’ un  jeune  arbre  fruitier,  un pêcher basse-tige  » Reine du verger « , reprécisant  en  photos  les  principales  étapes.

Lire la suite « A la Ste Catherine, tout bois prend racine … »

Traitement hivernal des arbres fruitiers

Si  la  rigueur  hivernale  ne  vous  a  pas  encore   permis  de  préparer  vos  arbres  fruitiers, il  n’ est  pas  trop  tard  mais  il  est  temps  d’ effectuer  quelques  travaux. 

En  effet, avant  de  traiter  les  arbres  fruitiers  contre  les  oeufs  et  larves  de  parasites  et  spores  de  maladies, il  est  indispensable  d’ éliminer  au  maximum  les  lichens  et  mousse  présents  sur  le  tronc  et  les  branches  charpentières. Si  ceux-ci  ne  sont  pas  directement  dangereux, ils  peuvent  abriter  les  oeufs  et  larves  des  parasites  qui  attendent  les  premières  chaleurs  pour  éclore  et  coloniser  nos  arbres  fruitiers. J’utilise  ici  une  brosse  ménagère  aux  poils  plus  rigides, régulièrement  trempée  dans  l’eau  mais  pas une  brosse  de  fer  qui abîmerait  l’écorce.

Cette  première  opération  terminée, j’ applique  sur  le  tronc  et  les  branches  charpentières, au  moyen  d’une  brosse  aux  poils  souples, un  badigeon  de  chaux. Effectuez  votre  mélange  en  ajoutant  à  la  chaux, de  l’eau  pour  obtenir  un  lait  épais  qui  ne  ruissellera  pas  trop  quand  vous  l’appliquerez. Cette  opération  doit  bien  évidemment  se  pratiquer  par  temps  sec  afin  que  le  badigeon  de  chaux  sèche  et  reste  bien  appliqué  sur  l’écorce.

Précaution  importante: munissez-vous  de  gants  et  lunettes  de  protection  afin  d’éviter  des  brûlures.

Il  vous  reste  alors  à  appliquer  le  traitement  hivernal  de  votre  choix  en  sachant  que  vous  trouvez  maintenant  dans  les  jardineries  spécialisées  des  huiles  à  base  de  paraffine, respectueuses  de  notre  environnement. C’est  le  traitement  appliqué  ici  à  Obigies.

Précautions  importantes: Tenez  compte  de  la  météo: reportez  votre  traitement  en  cas  de  grand  vent, de  prévision  de  pluie  et  en  cas  de  température  trop  basse. Afin  d’obtenir  un  résultat  optimal, veillez  à  lire  attentivement  la  notice  d’utilisation  du  produit  choisi.

Pour  terminer  votre  travail, éliminez  les  herbes  indésirables  et  épandez  du  compost  bien  décomposé. Je  plante  également  de  l’ ail  et  laisserai  se  développer  des  capucines, fleurs annuelles comestibles , qui  attireront  les  pucerons, apporteront  au  verger  de  la  couleur  tout  l’été  et  ce  jusqu’aux  premières  gelées. Une note récente leur est consacrée.

Mais  cette  lutte  contre  les  parasites  doit  être  complétée  par  l’ accueil  de  nos  alliés  naturels: oiseaux  insectivores, chauve-souris, coccinelles, chrysopes  et  perce-oreilles. Mettons  à  leur  disposition  des  abris  naturels: haies, tas  de  bois, fagots  de  rameaux  à  bois  creux, bûches  percées  de  trous. Installons  nichoirs  et  mangeoires  lors  des  grands  froids.

Profitons des journées hors-gel pour achever les tailles d’ arbustes à floraison estivale, les vignes, glycines, arbres palissés mais patientons jusqu’ en mars pour les arbres fruitiers ( pommes, poires ), les rosiers et Hydrangeas.

Que votre année 2020 soit belle et agréable au jardin ! A bientôt pour d’ autres notes et photos.

Patrick  depuis un jardin d’ Obigies

La grande Capucine : une alliée du jardinier aux qualités gustatives

Le verger prend ses couleurs d’ automne grâce aux capucines. Cette plante annuelle à la floraison généreuse dispose de nombreux atouts.

Comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous, à chaque printemps, je prélève quelques jeunes pousses, issues des graines tombées de l’ année précédente, pour les mettre à disposition des membres de la famille et amis de passage.

Plante herbacée annuelle ou vivace, la Grande Campanule – Tropaleum majus fait partie de la famille des Tropaéolacées. Ornementale et comestible, elle est probablement une hybride originaire d’ Amérique du Sud. Elle fut introduite en France en provenance du Pérou à la fin du 17ème S.

Naines ou grimpantes, les Capucines peuvent présenter des floraisons doubles. Elles possèdent 5 pétales arrondis, plus communément jaune, orange ou rouge mais certaines variétés offrent d’ autres coloris: abricot chez  » Apricot Gleam « , grenat velouté presque noir chez  » Black Velvet «  et un feuillage remarquablement marbré de blanc crème chez  » Alaska « . Sa floraison s’ étend de juin jusqu’ aux premières gelées.

Utilisée à l’ avant des massifs et dans les jardinières, les variétés naines  » Alaska « ,  » Tip-top  » et  » Impératrice des Indes  » vous seront conseillées. Les variétés rampantes dont  » Hybride de Lobb «  peuvent être également utilisées en grimpantes très décoratives si elles disposent d’ un support de type treillage et peuvent s’ étaler jusqu’ à 2,50 m.

En plus d’ offrir des fleurs comestibles qui égaieront vos salades, les graines issues des boutons floraux, confites au vinaigre, peuvent être utilisées comme des câpres. Je me permets de reprendre ici la recette du blog lesaubergistes.wordpress.com et peux vous garantir la qualité du produit fini. J’ ai en effet pu apprécier cette première préparation et augmenterai la production cette année.

 » Contrairement aux vrais câpres qui sont faits à partir des boutons de fleurs, les « câpres » de capucines sont réalisés grâce aux fruits. Il faut donc attendre la fin de l’ été pour cueillir les fruits des capucines, qui sont souvent en grappes de trois. Il est important de les cueillir quand ils sont vert tendre et non lorsqu’ils commencent à jaunir sinon vos câpres seront secs. La méthode est simple. Les déposer dans un bol et les couvrir sous du gros sel. Attendre toute une nuit, puis bien nettoyer les fruits à l’ aide d’ un essuie-tout. Placer ensuite les fruits dans des pots à conserve avec des grains de poivre et quelques fines herbes ( thym et estragon ). Faire bouillir moitié vinaigre blanc et moitié eau et verser encore bouillant sur les câpres. Fermer immédiatement les pots. Attendre au moins un mois pour les consommer, mais ils seront meilleurs encore au bout de six mois environ. Le goût de cette marinade est beaucoup plus piquant que les câpres que l’ on trouve sur le marché  » . Les auteurs du blog suggèrent d’ essayer la recette avec un peu de sucre pour casser l’ amertume du vinaigre. Il parait qu’ on peut également faire une sorte de poivre avec ces fruits.

Il suffirait de les laisser sécher et de les écraser ensuite dans un pilon mais n’ ayant pas encore essayé, je ne peux vous garantir le résultat. Si vous essayez avant moi, n’ hésitez pas à faire part de votre expérience. Merci d’ avance pour nos lecteurs.

Je l’ utilise également au pied des arbres fruitiers comme plante-piège. En effet, elle a la faculté d’ attirer les pucerons et autres  » indésirables  » mais également de colorer votre verger par sa floraison généreuse.

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A bientôt pour d’ autres nouvelles et photos depuis un jardin d’ Obigies !

Patrick

Réf.: Sites internet Rustica.fr et Gerbeaud.com